Le président bolivien, Rodrigo Paz, a décrété l'état d'urgence dans tout le pays après plus de six semaines de blocages routiers et de manifestations réclamant sa démission. Cette décision intervient malgré la signature d'un accord avec la Centrale Ouvrière Bolivienne (COB), principale fédération syndicale, visant à mettre fin aux protestations initialement déclenchées par les politiques économiques du gouvernement. Si l'accord a levé les pressions à l'échelle nationale selon le COB, certains secteurs, notamment dans la région de Chapare, bastion de l'ancien président Evo Morales, ont continué à manifester, se sentant "trahis" par les termes de l'entente. Les manifestations, menées par des ouvriers, agriculteurs, mineurs, camionneurs et enseignants, dénonçaient les réformes économiques de centre-droit de Paz et exigeaient son départ. La situation avait engendré des pénuries de carburant, de nourriture et de médicaments dans les principales villes boliviennes. L'état d'urgence vise à rétablir l'ordre après l'épuisement des tentatives de dialogue, selon le président Paz.