Pendant un quart de siècle, l'économie pakistanaise a fonctionné selon un modèle financier de type "Ponzi", où les intérêts de la dette étaient payés par de nouveaux emprunts. Ce système, caractérisé par une augmentation constante du ratio dette/PIB entre 2012 et 2023, a culminé avec 61 % des revenus gouvernementaux consacrés au service de la dette en 2024. Contrairement à un système Ponzi privé, l'État pakistanais a pu maintenir ce modèle grâce à son accès à des prêts forcés, notamment via les banques nationales financées par la banque centrale. Les deux derniers budgets marquent une première tentative de sortie de ce cycle, avec des mesures visant à réduire la dépendance à l'emprunt. Cependant, l'analyse révèle que cette sortie est purement financière et manque de réformes institutionnelles profondes. Le budget actuel témoigne de la persistance des anciens mécanismes d'incitation, laissant planer l'incertitude quant à la pérennité de cette transition.
