Cet article établit un dialogue entre l'artiste taïwanaise Li Li-chung et l'artiste japonais Kota Takeuchi à travers leurs représentations de la guerre aérienne de la Seconde Guerre mondiale. L'auteure analyse leurs œuvres vidéo côte à côte, révélant comment les artistes de Taïwan et du Japon se souviennent et réfléchissent sur la guerre. Une perspective coloniale est contrastée avec une perspective impériale, reflétant des préoccupations divergentes concernant la guerre aérienne et contestant les récits historiques dominants. Ces perspectives non humaines exposent la violence perceptive de la guerre tout en démontrant le pouvoir de l'art de préserver la mémoire et de résister aux violences futures. L'analyse souligne la manière dont ces artistes abordent des traumatismes partagés, mais à travers des expériences et des héritages coloniaux distincts. Leurs œuvres offrent ainsi de nouvelles voies pour comprendre et commémorer la Seconde Guerre mondiale.