L'Albanie, trente-cinq ans après la chute du communisme, présente un paradoxe frappant. Malgré des investissements massifs de l'Union Européenne, des gouvernements occidentaux et des fondations internationales destinés à renforcer la société civile et la démocratie, une grande partie des organisations officiellement reconnues restent silencieuses ou absentes lors d'un moment politique crucial. La véritable dynamique de la société civile albanaise se manifeste désormais dans les manifestations et les actions citoyennes dans les rues. Ce déplacement témoigne d'un mécontentement face à la situation politique actuelle et d'une volonté d'engagement direct des citoyens. Les organisations traditionnelles, souvent financées par des donateurs, semblent déconnectées des préoccupations réelles de la population. Cette situation soulève des questions sur l'efficacité des stratégies de soutien à la société civile mises en œuvre jusqu'à présent et sur la nécessité de soutenir les initiatives citoyennes émergentes. L'article souligne un fossé croissant entre une "fausse" société civile institutionnalisée et une société civile "réelle" en pleine effervescence.
